Le Louxor a fêté son deuxième anniversaire

Plus de 500 000 spectateurs en deux ans…

Le 17 avril 2015,  deux ans jours pour jour après l’inauguration du cinéma restauré, le Louxor a fêté en beauté son deuxième anniversaire avec un ciné-concert d’une qualité exceptionnelle : L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov, projeté dans une superbe version restaurée par Lobster Films, et accompagné par Serge Bromberg dont nous avons déjà salué le talent de pianiste à l’occasion du ciné-concert du 15 mars dernier.

Le succès de ces premiers ciné-concerts est venu confirmer qu’un public varié et curieux a décidément trouvé le chemin du Louxor. La programmation très diversifiée proposée par Emmanuel Papillon et le dynamisme de son équipe ont attiré et fidélisé un large éventail de spectateurs de tous âges : séances pour les jeunes (rendons ici hommage à Stéphanie Hanna pour les liens qu’elle a su tisser avec de nombreux établissement scolaires et centres de loisirs), ciné-clubs pour les amoureux du patrimoine, avant-premières ou projections spéciales en présence de réalisateurs ou d’acteurs, large ouverture aux cinémas du monde, et bien entendu, projections régulières des films sortis en exclusivité, tous ces efforts ont porté leurs fruits, comme en témoignent les excellents chiffres de fréquentation enregistrés depuis son ouverture le 17 avril 2013.

Et nous savons aussi qu’outre la qualité de la programmation, ce sont aussi la beauté et l’originalité du lieu qui attirent au Louxor de nombreux spectateurs.

La Mairie de Paris a salué l’événement en publiant le communiqué suivant :

Communiqué du 21 avril 2015

Communiqué du 21 avril 2015

Tous ceux qui, comme nous, ont milité pour le sauvetage de cette salle de quartier mais aussi tous les cinéphiles, ne peuvent que se réjouir de cette  réussite et souhaitent un très bon anniversaire à l’équipe de Ciné-Louxor…

Pour connaître les films à l’affiche et suivre les nombreux événements proposés par le Louxor, rendez-vous sur le site du cinéma.

Le cinéma muet est de retour sur l’écran du Louxor…

Affluence des grands jours pour le premier Ciné Concert

Dimanche 15 mars 2015 à 11 heures, dans la salle Youssef Chahine pleine à craquer, grands et petits étaient venus retrouver ce qui fit autrefois les beaux jours du Louxor : le cinéma muet. Et ils le redécouvraient, qui plus est, projeté sur l’écran « historique » de 1921, habituellement dissimulé derrière le grand écran escamotable.

15 mars 2015 - Avant la séance

L’écran historique du Louxor, 15 mars 2015, avant la séance

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Serge Bromberg et Emmanuel Papillon, 15 mars 2015

Mais loin d’être gêné, ou dérouté, par ce « petit » écran de 6 mètres de large sur 4,50 de haut, le spectateur de 2015 a l’impression d’entrer dans l’image avec la même facilité que lors de projections classiques. En effet, comme l’a rappelé Emmanuel Papillon, les films muets étaient tournés en format d’image 4:3, proportions exactes de l’écran « historique » du Louxor, donc parfait pour la projection de films muets. Nous retrouvons ainsi, a-t-il ajouté, le véritable « angle de vision de nos ancêtres ».

Pendant la projection de l’Émigrant de Charlie Chaplin

Pendant la projection de L’Émigrant de Charlie Chaplin

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Le sauvetage du cinéma Empress à Montréal :

Situé dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (5560, rue Sherbrooke Ouest), le Théâtre Empress de Montréal, a été construit en 1927 par l’architecte Alcide Chaussé dans le style néo égyptien. Inauguré le 19 mai 1928, avec un programme mêlant cinéma (Wild Geese de Phil Goldstone avec Belle Bennett), attractions et vaudeville, il a connu, dès la fin des années 30, bien des vicissitudes.

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Vernissage de l’exposition « Fiction – Un regard sur le Louxor »

Jeudi 5 mars 2015, le salon du Louxor accueillait le vernissage de l’exposition de photographies de Judith Bormand, « Fiction – Un regard sur le Louxor ».

Emmanuel Papillon, directeur du Louxor, entouré de membres de son équipe, a accueilli  dans une ambiance très amicale les nombreux visiteurs venus découvrir le travail effectué sur les lieux par Judith Bormand pendant plusieurs semaines et dont elle nous parlé dans l’entretien qu’elle nous a récemment accordé. En quelques mots chaleureux, il a rappelé la démarche de la photographe et loué l’originalité et la qualité de ses photographies – de ces « fragments » qui parviennent à restituer de manière étonnante l’atmosphère du Louxor.

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

Emmanuel Papillon et Judith Bormand, 5 mars 2015.

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Exposition « FICTION – Un regard sur le Louxor »

Exposition de photographies de Judith Bormand
Au Louxor – Palais du Cinéma,  du 4 mars au 19 mai 2015

Rencontre avec la photographe Judith Bormand
Licenciée en Histoire de l’art et diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière en photographie, Judith Bormand a exposé dans le cadre du Mois de la Photo à Paris en 2008, aux Rencontres d’Arles en 2009, aux Rencontres Photographiques du 10e à Paris en 2011.
Du 4 mars au 19 mai 2015, une exposition des photographies qu’elle a réalisées au Louxor va se tenir dans l’espace d’exposition du cinéma. Nous remercions Judith Bormand de nous avoir accordé cet entretien.


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Pourquoi avez-vous souhaité faire un travail photographique sur le Louxor ?
À l’origine, il s’agissait de poursuivre un projet que j’avais entrepris sur le thème des espaces réhabilités. J’avais déjà photographié le Cent Quatre et je souhaitais ensuite faire des images du Louxor, qui venait lui aussi d’être rénové et de rouvrir. J’ai donc demandé (et obtenu) l’autorisation de mener ce travail photographique sur l’intérieur du lieu, mais du lieu vide.
Au départ, qu’est-ce qui vous intéressait dans le Louxor ?
D’abord l’extérieur du bâtiment, bien sûr, que je connaissais lorsque le cinéma était encore fermé et qui m’intriguait. Avec son style Art Déco, c’est un vrai monument du carrefour Barbès. Ensuite, les décors égyptiens, même si ce n’est pas là-dessus que j’insiste dans mes photographies. La salle Youssef Chahine, bien sûr, mais j’aime aussi beaucoup les nouvelles salles du sous-sol, leur atmosphère. Je les trouve vraiment très réussies. On pourrait s’imaginer 50 ans en arrière, on pourrait presque penser qu’elles étaient là à l’origine, notamment la petite salle 3. C’est d’ailleurs ce que j’ai cru en y voyant un film pour la première fois, avant de m’intéresser de plus près à l’histoire du Louxor.
Vous n’aviez pas vu l’intérieur du Louxor avant sa réhabilitation ?  
Non, ni avant, ni pendant le chantier. Je le regrette, d’ailleurs, car je fais aussi des photos de chantiers mais j’étais alors prise par d’autres projets.
Le travail dans le Louxor s’est fait en deux temps. J’ai d’abord fait des prises de vues argentiques, à la chambre, des vues centrées, frontales et larges des salles notamment, peut-être un peu plus « classiques » et plus propres à la photographie d’architecture que celles qui figureront finalement dans l’exposition.
Car ensuite le projet a évolué : j’avais aussi en tête une autre idée, celle de travailler sur la salle de cinéma en tant que sujet et non plus d’un point de vue plus spécifiquement architectural. Et à cet égard, je trouvais l’espace du Louxor vraiment intéressant. De même que son fonctionnement de cinéma indépendant, différent des complexes. J’étais curieuse de le découvrir, bien que cette série ne parle pas de la vie du lieu. Cela valait la peine d’y passer plus de temps. Mon travail s’est donc étalé sur un peu plus de deux mois, de fin octobre à début janvier.
Comment avez-vous organisé votre travail dans un cinéma en pleine activité ?  
Je venais souvent pour de courtes durées, soit entre les séances, soit avant les séances, c’est-à-dire le matin à partir de 8h 30, 9 heures, avant l’arrivée du public scolaire. Et par la suite, je venais plutôt entre 11 et 13 heures, après les séances pour les scolaires et avant celles de l’après-midi.
Vous semblez opposer deux phases de votre travail qui correspondraient à deux types de projets différents : les « photos d’architecture » et les photos de salles de cinéma… Pouvez-vous nous expliquer cette distinction ? 
En fait je ne veux pas les opposer. Il s’agit bien de deux projets différents et consécutifs.
Le projet initial, qui portait sur le lieu réhabilité, a été terminé assez rapidement. S’il se rapproche plus d’une photographie d’architecture « classique », il reste cependant un regard personnel sur l’espace, avec des vues frontales prises depuis un axe, puis son opposé, afin de donner deux points de vue principaux et dans la lignée d’un style documentaire.
Mais sa prolongation m’a permis d’encore mieux connaître le lieu, de m’en imprégner. Et un deuxième projet a pris forme. C’est devenu surtout un travail autour de fragments du lieu et de ces éléments caractéristiques de la salle de cinéma auxquels on ne prête pas attention. Enfin un travail autour de l’atmosphère qui se dégageait de ces salles vides dans lesquelles je déambulais. Mon choix a été de montrer le lieu de manière parcellaire, de reconstruire un espace. J’ai privilégié des détails que je trouvais caractéristiques de ce qu’évoque pour moi le cinéma : les rangées de sièges, le velours, le rideau, les moquettes, les faux marbres de la grande salle, une des portes de sortie, en somme des éléments qui ramènent au cinéma – ou plus largement au spectacle. Ainsi que des éléments spécifiques au Louxor lui-même. L’ensemble s’éloignant du document pour frôler l’onirique.

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Quand le music-hall s’invitait au cinéma…

Programmes des années 1920 et 1930

Bernard Meyre, collectionneur et fidèle ami du Louxor, nous a fait parvenir quelques programmes des années 1920 (Barbès Palace) et 1930 (Gaumont-Palace) qui viennent s’ajouter à ceux du Louxor (septembre 1923 et septembre 1924) et du Barbès Palace (juillet 1921) que nous avions déjà présentés sur notre site.
Pour les cinéphiles qui s’intéressent à l’histoire des cinémas et de leur programmation, les programmes édités dans les années 1920 et 1930 constituent une mine de renseignements sur la composition et le déroulement des séances qui, surtout dans certaines salles dotées d’un orchestre et parfois même d’un orgue (comme le Gaumont-Palace ou le Louxor), s’inscrivaient encore dans la tradition du music-hall.

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Le ciné-club, ou le plaisir partagé.

Entretien avec Fabienne Duszynski

Fabienne(1) copieEnseignante-chercheuse en cinéma à l’Université de Lille III, Fabienne Duszynski est,  depuis l’ouverture du cinéma, l’une des animatrices du ciné-club du Louxor. Avec intelligence et sensibilité, elle contribue à faire de ces séances des moments magiques de compréhension et d’émotion. D’Une place au soleil (George Stevens, 1951) à Lumière d’été (Jean Grémillon, 1942), elle a accompagné la projection de films aussi différents que L’Homme tranquille (John Ford, 1952), French Cancan (Jean Renoir, 1954), Deep end (Jerzy Skolimowski, 1970), Touki Bouki (Djibril Diop Mambety, 1973), Une chambre en ville (Jacques Demy, 1982), Les Voyages de Sullivan (Preston Sturges, 1941), Mais qui a tué Harry (Alfred Hitchcock, 1955), Deux filles au tapis (Robert Aldrich,1981), Lettre d’une inconnue (Max Ophuls, 1948) ou Partie de campagne (Jean Renoir, 1936). Nous avons voulu en savoir un peu plus, et prolonger le dialogue…

Un ciné-club : qu’est-ce pour vous ?
Je ne voudrais  pas me lancer dans l’histoire du ciné-club, qui évoque sans doute bien des souvenirs  pour beaucoup de monde. C’est peut-être simplement le mot d’introduction pour des séances autour d’un film. Pour moi, après la nécessité de le contextualiser et de le présenter, il ne s’agit pas de proposer une analyse du film, mais surtout de donner des pistes, de trouver une façon d’ouvrir le regard. À partir d’une ou plusieurs séances, je voudrais permettre aux spectateurs de se familiariser parfois avec un certain vocabulaire d’approche, de prolonger de manière plus active cette position déjà précieuse du simple spectateur. Oui, si à la fin d’une séance, j’ai le sentiment  d’avoir réussi à accompagner le film, à en prolonger le plaisir, sans que mon discours s’y substitue, c’est pour moi une bonne séance.

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

Deep End (J. Skolimowski), projeté dans le cadre du ciné club du Louxor

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