Le Louxor en BD

Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que le Louxor figurait dans une BD… L’album Vivre libre ou mourir ! (éditions du Lombard), imaginé par Xavier Aumage, archiviste du Musée de la Résistance nationale de Champigny, est lié aux collections du musée. Le point de départ de chaque épisode est un objet personnel offert par des résistants ou leur famille : sac à main à double fond, ronéo clandestine, faux papier, et autres précieux « outils de clandestinité », pour reprendre les termes de Xavier Aumage. Ils sont mis en scène dans de brefs récits permettant de faire revivre ce que pouvait être l’héroïsme au quotidien pendant l’Occupation.

Accueillis au musée par son directeur-conservateur Guy Krivopissko et l’équipe des archivistes, nous avons ensuite rencontré l’archiviste Xavier Aumage, le scénariste de l’album Jean-Christophe Derrien et le dessinateur Claude Plumail.

Le Louxor dessiné par Claude Plumail, album Vivre libre ou mourir ! page 12.

Le Louxor dessiné par Claude Plumail,  La Messagère, page 12.

Le Louxor apparaît dans l’album Vivre libre ou mourir ! Cet ouvrage n’est pas une BD classique. Pouvez-vous d’abord nous le présenter ?
Xavier Aumage : Vivre libre ou mourir ! se compose de neuf épisodes, tous scénarisés par Jean-Christophe Derrien mais illustrés par neuf dessinateurs différents. Le Louxor sert de cadre à l’une des scènes de La Messagère, l’épisode illustré par Claude Plumail. Il est en fait conçu à partir d’une scène du 2e tome de Résistances : tous les albums de cette série sont écrits par Jean-Christophe Derrien et illustrés par Claude Plumail. À la page 32 du tome 2, Le vent mauvais, on voyait l’héroïne, Sonia, quitter son compagnon pour entrer se « changer les idées » au cinéma Le Louxor à Paris. L’épisode La Messagère se passe en novembre 1940 et nous comprenons alors que Sonia travaille déjà, à l’insu de son compagnon, pour la Résistance.

couverture de l'album Vivre libre ou mourir, Edition Le Lombard, septembre 2011

couverture de l’album Vivre libre ou mourir !, Editions Le Lombard, septembre 2011

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Enquête à Istanbul : sur les traces de la famille d’Henri Zipcy, architecte du Louxor

Henri Joseph Marie Zipcy était originaire de Constantinople qu’il quitta en 1889 pour venir étudier à l’école des Beaux-Art de Paris. Au cours de ses recherches sur la vie de cet architecte, Michèle Alfonsi avait relevé dans les Annuaires CERVATI de 1881 à 1909 les adresses de la famille Zipcy. Or notre trésorière, Marie-France Auzépy, également spécialiste de Byzance, fait de fréquents séjours à Istanbul. Excellente occasion de partir à la recherche des lieux de travail et des diverses demeures de cette famille de Levantins aisés dont les membres résidaient et travaillaient à Pera, l’élégant quartier européen de Constantinople, en face de la vieille ville, de l’autre côté de la Corne d’or (d’où son nom : péran en grec signifie « en face »). Mais l’affaire n’était pas si simple : tout d’abord les noms de rue étaient donnés dans l’Annuaire en transcription française du turc ottoman alors que les noms actuels appliquent la réforme linguistique imposée par Mustafa Kemal Atatürk dans les années 30(1) ; ensuite, certaines rues avaient disparu ; et enfin, la numérotation des rues avait changé plusieurs fois. Mais avec un peu de ténacité, il a été possible de retrouver les trois lieux de travail et les sept domiciles de la famille Zipcy à Péra.

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Restauration de la façade : quelques nouvelles

La restauration des façades du Louxor permet de restituer certains éléments d’origine qui avaient disparu.
C’est ainsi que les inscriptions LOUXOR en lettres dorées au dessus des portes d’entrée, visibles sous la marquise sur les photos des années 20 et 30, ont été remises en place le 7 janvier 2013.

L'inscription LOUXOR restituée au-dessus du portail de gauche

L’inscription LOUXOR restituée au-dessus du portail de gauche

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Entretien avec Emmanuel Papillon

« Le Louxor sera un cinéma à part entière »

Emmanuel Papillon va diriger le Louxor, avec à ses côtés Carole Scotta et Martin Bidou. Nous l’avons interrogé sur divers aspects de la future exploitation du cinéma. Conscient de la complexité du défi qu’il doit relever, mais fort de sa longue expérience de directeur de salle, et de la complémentarité avec ses partenaires, il est animé d’une vision très claire, à la fois ambitieuse et réaliste, de ses objectifs. Nous le remercions vivement de nous avoir accordé cet entretien.

Décor de la grande salle

Tête de pharaon surmontant les pilastres de l’extraordinaire grande salle Youssef Chahine (photo 8 novembre 2012)

Le Louxor sera une salle Art et Essai, avec ce que cela implique en termes de diversité et d’exigence de la programmation. Vous vous êtes de plus engagé à obtenir les trois labels existants.
Oui, les labels Recherche et découverte, Jeune public et Patrimoine à compter de l’exercice 2016. Ils sont attribués aux salles en fonction de leur programmation.
Un effort particulier concernera le jeune public ?
Oui, un travail important sera fait en direction du jeune public (animations régulières, ciné-conte…) et des scolaires (participation aux trois dispositifs d’éducation à l’image).
En ce qui concerne le patrimoine, pouvez-vous nous préciser ce que sera l’Université populaire du Louxor ?
Une fois par mois en après-midi, par exemple le jeudi, nous solliciterons des critiques, enseignants, écrivains, architectes, philosophes, musiciens, peintres, économistes, avocats, médecins… qui viendront présenter d’une façon développée LEUR film fondateur.
L’approche ne sera pas forcément analytique, elle pourra être très personnelle. Chaque artiste, intellectuel, penseur reviendra sur une œuvre cinématographique fondatrice de son travail.
L’objectif de ces séances est à la fois de revisiter le patrimoine cinématographique de façon singulière mais aussi de partager des « grands témoignages » (ces derniers pourront être filmés et mis en ligne sur le site du Louxor). Le public de l’Université Populaire du Louxor pourra être des étudiants, des retraités, une ou deux classes de lycées mais aussi un public peu cinéphile souhaitant se construire une culture cinématographique.
Un programme trimestriel sera établi pour que le public puisse réserver ces séances. Une tarification très attractive sera faite pour les spectateurs qui s’engagent sur le cycle (ou même idéalement, si un mécène nous soutient, ces séances pourront être gratuites)1 .

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