Le programme du Louxor du 14 au 20 septembre 1923, conservé à la section Archives de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et aimablement communiqué par Madame Geneviève Morlet, est un petit livret de huit pages, non illustré, qui contient l’horaire et le programme des séances de la semaine (en pages 4-5, centrales), le résumé d’un des films présenté et de nombreuses réclames pour les commerçants du quartier. Ce petit livret, vendu 50 centimes aux spectateurs, est une mine d’informations sur le Louxor au début de son exploitation, peu de temps après son inauguration le 6 octobre 1921 : des informations sur la chaîne de cinémas à laquelle il appartenait, sur la forme et le contenu des séances, sur les films projetés et sur l’environnement commercial du « Palais du cinéma ». On pourra le comparer au programme de 1924, déjà présenté sur le site.
Archives de l’auteur : Les Amis du Louxor
Le traitement acoustique du Louxor
Entretien avec Julien Sullerot
Il aurait été totalement impossible de réutiliser le Louxor en tant que salle de cinéma si le problème de la transmission des nuisances sonores vers les immeubles mitoyens n’avait pas été réglé. Cette question se trouva donc au centre des réflexions techniques préliminaires : il fallait en effet empêcher les niveaux sonores issus des bandes son des films – aujourd’hui souvent plus fortes que par le passé – de se transmettre dans les appartements voisins, tout en assurant une isolation optimum des trois salles entre elles et par rapport aux bruits extérieurs.
Mais le traitement acoustique du Louxor, ce n’est pas seulement isoler le bâtiment vis-à-vis de son environnement, c’est également assurer l’ambiance acoustique intérieure du cinéma et contrôler les bruits des équipements techniques, pour ne citer que quelques exemples. Nous remercions Julien Sullerot, ingénieur acousticien au sein du bureau d’études Acoustique Vivié et Associés, spécialisé dans l’acoustique des bâtiments, d’avoir répondu à nos questions sur un sujet aussi complexe.

Julien Sullerot, 10 janvier 2012
21 novembre : visite de chantier et réunion d’information
Visite de chantier du lundi 21 novembre 2011 sous la conduite d’Alexandre Gourdel, puis réunion d’information au Centre Barbara Fleury Goutte d’Or, animée par Eric Lejoindre, premier adjoint du maire du XVIIIe arrondissement, avec la participation de Carine Rolland, adjointe au maire du XVIIIe chargée de la culture, de Michel Gomez, délégué général de la Mission Cinéma de la Ville de Paris, et de Philippe Pumain, architecte responsable du projet.
Toutes les photos du chantier qui illustrent cet article ont été prises pendant la visite du 21 novembre.–

Visite du 21 novembre (sous-sol, la salle moyenne) ; on voit, sous l’extrémité des grosses poutrelles métalliques, les boîtes à ressort qui supporteront l’ensemble de la salle tout en servant d’isolant phonique
–
La restauration des façades du Louxor I.
Entretien avec Christian Laporte, architecte du patrimoine
Nous remercions vivement Christian Laporte de nous avoir longuement expliqué les multiples interventions qu’implique la restauration des façades du Louxor. Comme l’architecte Philippe Pumain et la restauratrice de peinture Claire Bergeaud l’avaient fait dans des entretiens déjà publiés sur notre site, il parvient ici à rendre accessibles au non spécialiste des opérations techniques complexes et délicates.
Cet entretien est scindé en deux articles :
I. Murs et mosaïques
II. Mâts, menuiseries, vitraux, marquise, toitures.
I : murs et mosaïques

Pouvez-vous nous préciser votre rôle dans le chantier de réhabilitation ?
Philippe Pumain, en tant que mandataire de l’équipe, supervise l’ensemble du chantier, et s’occupe tout particulièrement de la réhabilitation intérieure du bâtiment. Moi, en tant qu’architecte du Patrimoine (titre porté par les architectes diplômés de l’École de Chaillot), je suis chargé de tout ce qui relève de la restauration patrimoniale au titre des Monuments Historiques. Donc des façades et toitures du fait qu’elles sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (arrêté du 5 octobre 1981).
Dans quel état avez-vous trouvé les façades ? Comment procédez-vous ?
La restauration des façades du Louxor II.
Entretien avec Christian Laporte, architecte du patrimoine
Après nous avoir expliqué le travail de restauration des murs et des mosaïques, Christian Laporte nous parle ici des interventions sur d’autres éléments qui permettront de restituer au Louxor son lustre d’antan.
II. Mâts, ferronneries, menuiseries, vitraux, marquise, toitures
Les façades étaient ornées de quatre mâts « égyptiens » (deux sur chaque façade latérale). Les a-t-on retrouvés ?
Non ; les mâts, qui faisaient seize mètres de hauteur, ont d’ailleurs été coupés au niveau de la toiture à une certaine époque. Ils ont déjà été arasés sur les photos de 1930, peut-être à cause de leur prise au vent. Ils ont perduré longtemps dans cet état-là. Continuer la lecture
L’orgue de cinéma : du Louxor au Gaumont-Palace
Conférence du 18 octobre 2011, Mairie du Xe arrondissement
Le sujet de l’orgue disparu du Louxor a déjà été abordé dans un précédent article : « Les orgues Abbey, une histoire de famille ». Nous parlerons ici surtout de l’orgue de cinéma en général, et de celui du Gaumont-Palace en particulier.

Tommy Desserre à la console de l’orgue du Gaumont en 1971
Bruxelles : le Louxor inspire des cinéphiles
L’expérience du Louxor pourrait-elle faire école dans la capitale belge ? Ce qui est certain, c’est que des cinéphiles bruxellois suivent avec attention ce qui se passe carrefour Barbès et voient dans le sauvetage du Louxor un exemple à suivre. Nous avons été contactés par l’association 7ARTLA, actuellement mobilisée pour la défense du cinéma Arenberg. Son président, Patrice de Brandt, nous explique les raisons de cet engagement et dresse un rapide tableau de la situation de l’exploitation cinématographique à Bruxelles.
Pouvez-vous nous parler de l’association 7 ARTLA ?
Nous sommes des cinéphiles, amoureux et défenseurs du riche patrimoine que représentent les salles de cinéma de Bruxelles et, plus généralement, de Belgique.
Nous nous mobilisons pour sauvegarder l’identité et la connaissance de l’industrie du cinéma (exploitation, programmation, distribution…), parfois oubliées. Nous avons recueilli un fonds très riche de tous les types de documents liés à l’univers des salles de cinéma de Belgique : photos, tickets, programmes, plans, témoignages, objets, matériels… Nous nous efforçons de le valoriser au travers de publications, d’expositions et de manifestations diverses (conférences, colloques…).
L’association 7 ARTLA veut aussi avoir un rôle protecteur lorsque ce patrimoine est menacé.
Vous êtes mobilisés pour la défense du cinéma Arenberg. Pourquoi ? De quel genre de cinéma s’agit-il ?

© Site du cinéma Arenberg